Les glacis en aquarelle

Et voici mon dernier article sur les techniques picturales de base en aquarelle. Rappelez-vous il y a quelques semaines on avait abordé les lavis, qu’ils soient uniformes ou dégradés, base de la peinture aquarelle. Puis, je vous avais parlé des fondus. Aujourd’hui, je boucle sur les glacis.

Le glacis c’est quoi ?

Cette technique résulte de l’application d’une couche de couleur sur une autre couche de couleur déjà sèche. En aquarelle, la technique est idéale car elle repose sur la transparence de cette peinture. Les deux couleurs superposées vont s’influencer mutuellement et donner lieu à une nouvelle teinte. Le glacis permet ainsi de rendre des zones voire toute une peinture plus froide ou plus chaude et d’éclaircir ou foncer les couleurs.

Pour la petite histoire…

La technique du glacis est utilisée dès l’Antiquité : d’après wikipédia (et ouais !) on peut constater cette pratique sur les peintures murales de Pompéi ! Cette technique se généralise avec la peinture à l’huile et permet d’obtenir plusieurs effets.

Grâce aux glacis, Leonard de Vinci va mettre au point une nouvelle technique picturale nommée Sfumato qui consiste à superposer plusieurs couches de glacis extrêmement fines. Et cette superposition donne lieu à un flou des contours qui conduit à plus de réalisme.

On peut d’ailleurs faire la différence sur deux de ses oeuvres où pour l’une le Sfumato est utilisé et pour l’autre non :

leonarddevinci-illustrations-sfumato

La peinture de droite, La Belle Ferronnière, a été réalisée sans la technique du Sfumato. On peut voir que les contours sont nets et délimités. Pour la Joconde, c’est totalement différent, les contours sont légers, voir flous. Cela résulte de la pose de dizaines de couches de glacis d’une épaisseur de 1 à 3 microns selon les analyses réalisées par les scientifiques du Louvre.

 

Exemples d’aquarelles avec glacis

Saint Malo

Sur cette aquarelle, j’avais utilisé le glacis sur certaines zones précises pour définir des ombres. On peut notamment voir un glacis au niveau de l’arche sur la partie droite en diagonale.

La-defense-36x51

Le glacis a été utilisé à plusieurs reprises dans cette peinture : sur les building en tant que tels pour les différencier des uns des autres avec plusieurs ajouts de teintes et sur le bas de l’aquarelle pour donner de l’effet et orienter le regard.

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Pour cette aquarelle, j’ai utilisé la technique du glacis sur la zone d’eau. Celle-ci a été initialement peinte avec les couleurs du bâtiment (teintes rosées). Une fois sèche, j’ai ajouté un bleu transparent pour signifier le bassin.

Le glacis en pratique

Comment faire un glacis ?

glacis-1

glacis-2

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Rien de plus simple, il suffit de procéder sur des lavis secs. Attention en effet que ceux-ci soient secs sinon ce ne sera plus un glacis mais un fondu. Choisissez des pigments transparents : je vous laisse consulter mon article sur les couleurs qui vous indique comment vous pouvez juger de l’opacité et de la transparence d’un pigment.

Dans quel cas utiliser la technique du glacis ?

Voici les quelques cas que j’ai identifié pour l’utilisation de glacis :

  • Refroidir une aquarelle
  • Réchauffer une aquarelle
  • Définir une zone d’ombre
  • Effet de volume
  • Effet de transparence (sur une zone d’eau par exemple)
  • Unifier des sujets entre eux

A vous de compléter cette liste dans les commentaires ! Dans quel cas utilisez-vous la technique du glacis ?

 

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